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CSN Paris Lycée Louis Le Grand le 29 janvier 2019

Ouverture des travaux par Philippe Vincent Secrétaire Général du SNPDEN-UNSA

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Nous sommes au milieu du gué et pourtant déjà très fatigués et certains en ont payé le prix. Les Perdir étaient bien seuls face à la violence qui s’est exprimée en décembre. Il faudra réfléchir à ce que signifie manifester pour un lycéen car ce qui s’est exprimé est une violence inacceptable et qui n’a rien à voir avec une manifestation démocratique.

Au milieu du gué des réformes pour lesquelles le SNPDEN a beaucoup œuvré afin d’obtenir les réponses nécessaires, nous avançons mais difficilement tant la vitesse de mise en œuvre et l’impréparation posent problème.

Au milieu du gué des réformes territoriales avec une marche arrière du MEN qui rend moins urgent la refonte de nos statuts mais complique singulièrement la lecture de l’action. La crise des gilets jaunes est sans doute passée par là et le pouvoir, jupitérien, qui voulait s’affranchir des corps intermédiaires, fait marche arrière sur ce point.

Au milieu du gué de l’avancée sur nos conditions de travail, nos rémunérations, le SNPDEN sera un partenaire exigeant mais toutes les questions sont sur la table !

Nous voulons peser sur le débat de façon constructive. La profession nous fait confiance, nous devons donc être ambitieux et nous donner les moyens d’obtenir de vrais progrès.

Bon congrès à tous !

Philippe Vincent

(Prise de note Thierry Roul)

Intervention des académies

Intervention commune de la région académique Nouvelle Aquitaine

Bordeaux (Xavier Yvart), Limoges (Catherine Saule) et Poitiers (Thierry Roul)

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Nous avons choisi d’intervenir collectivement, Xavier Yvart (SA Bordeaux), Catherine Saule (SA Limoges) et Thierry Roul (SA Poitiers) pour évoquer à l’unisson et avec force notre première préoccupation : la dégradation de nos conditions d’exercice du métier.

Cette dégradation est bien réelle, particulièrement cette année et elle se ressent au-delà du corps des personnels de direction. Ainsi, durant les entretiens PPCR, quand il s’agit d’évoquer les évolutions de carrière, bon nombre d’enseignants citent notre métier comme quelque chose qu’ils ont pu envisager car ils voient bien l’intérêt de nos missions, la variété des approches et des tâches. Mais aussitôt, tous déclarent avoir renoncé à ce projet avec une phrase quasi identique : « quand je vois tout ce que vous avez à faire et vos horaires, je ne m’en sens pas capable, cela me semble trop dur. Je ne sais pas comment vous faites pour tenir. »

Et bien nous tenons à grand peine mais d’autres tombent et parfois ne se relèvent pas.

Dans l’académie de Bordeaux, un des signes de cette difficulté est l’accroissement très net des interim des faisants-fonction de direction, au point que les viviers sont très vite épuisés avec un corollaire sur la stabilité et la sérénité des équipes de direction. L’académie connait depuis plusieurs années maintenant une augmentation de sa population scolaire sans que même un redéploiement des postes ne soit opéré par le ministère. Les risques psycho-sociaux et les problèmes de santé sont réellement présents dans le contexte des réformes qui s’accentuent au rythme que nous connaissons, les pressions restent très fortes sur les personnels de direction et l’expérience du mois de décembre particulièrement éprouvant en est un exemple significatif. Aussi n'est-il pas étonnant que le CHSCT académique, inquiet de la dégradation de notre situation des personnels de direction ait demandé l'an dernier de réunir un groupe de travail sur la situation des personnels de direction en sollicitant notre participation. S’il faut lire dans le bon résultat du SNPDEN de Bordeaux aux élections professionnelles la confiance qui nous est faite il faut aussi y comprendre l’attente de voir la situation évoluer et une véritable GRH des personnels de direction émerger. Nous comptons bien peser pour faire évoluer cette situation.

Sur Poitiers et Limoges, les arrêts se multiplient, le plus souvent pour des situations de Burn-out et les rectorats n’ont plus aucune solution de remplacements car tous les faisant fonction sont déjà en poste, certains depuis le mois d’octobre.

Quand ce n’est pas la santé qui pose problème, la justice s’en mêle. A Poitiers, un collègue de collège va subir un rappel à la loi totalement disproportionné au vu des faits qui lui sont reprochés et ce malgré l’intervention rapide du rectorat. Certes, il lui a été attribuée sans délai la protection juridique du fonctionnaire, mais c’est bien lui, à titre personnel, qui va subir ce rappel à la loi injuste.

Aux conditions habituelles déjà difficiles, s’ajoutent cette année une avalanche de mesures qui nous sollicitent énormément et nous exposent plus que jamais :

-       Réforme de la réforme du collège, à peine sortis de la mise en place chaotique de la réforme, nos collègues de collège ont dû y retourner et faire face à des salles des profs déboussolées par ces revirements, par des priorités affichées mais qui ne sont plus financées.

-       Réforme du LGT, avec les soubresauts qu’on connait, des cartes de spécialité parfois très contestables sur l’académie de Poitiers (pas de LCA Latin en Charente, une seule LLCE espagnol par département…), des informations qui manquent pour répondre aux nombreuses interpellations des familles, des élèves, des enseignants. Or nous sommes seuls au front, en première ligne, les IA-IPR brillent par leur totale absence alors que nous aurions besoin de leur aide pour organiser au mieux les nouveaux enseignements. Dans l’académie de Bordeaux, si le rectorat a mené intelligemment cette réforme jusqu’à présent, le fait que nous disposions maintenant d'informations plus précises (grilles horaires, DGH,…), n'aide pas les collègues à sortir du brouillard sur la manière de mener à terme cette réforme, tant le message du « tout à la carte » vient apporter sa dose d'incertitude.

-       Réforme du LP, il en va de même pour la prochaine rentrée. Comment informer les élèves de 3ème des nouvelles modalités de formation quand les informations arrivent au compte-goutte et demeurent bien vagues.

Dans notre région académique Nouvelle Aquitaine, s’ajoute de surcroît, la problématique de la réorganisation régionale qui introduit de vives tensions.

Les personnels des rectorats sont inquiets, à juste titre, mais nous aussi car la réorganisation annoncée vendredi 25 janvier par Monsieur le Ministre de l’Education Nationale lors de sa visite à Limoges, « maintien des trois rectorats », si elle a le mérite de rassurer certains, nous questionne. Il parle en effet de confier à chaque rectorat une mission de dimension régionale.

Bien malin qui pourrait dire en Nouvelle Aquitaine, à ce jour, qui fera quoi demain. Une DEC à Limoges ? Une DPE commune à Poitiers ? Une DRH unique à Bordeaux ? Nos futurs interlocuteurs sont inconnus, nous devons naviguer à vue, dans une très inconfortable situation.

Or, au-delà de ce qu’il faut bien qualifier de problème politique dont les tenants et les aboutissants nous échappent largement, cela a un impact direct, palpable, sur nos métiers, notre fonctionnement quotidien, sur nos conditions de travail.

Il faut également revenir sur ce séminaire de Limoges car là aussi, nous sommes devant un véritable bouleversement !

Notre région académique a reçu comme cela a été évoqué, vendredi dernier, la visite du ministre de l’éducation Nationale dans le cadre d’un séminaire régional sur l’orientation.

Un séminaire REGIONAL ! C’est donc le Président Rousset qui invitait le Ministre à venir s’exprimer devant nous en présence de nos trois recteurs réduits au rang de figurants silencieux.

Les chefs d’établissements devaient émarger et recevoir leur badge sur une table dont l’écriteau proclamait « Partenaires de l’éducation nationale ». Une autre table était étiquetée « Autres partenaires ».

La région Nouvelle Aquitaine s’est donc pleinement emparée du sujet de l’orientation et donne le la et le tempo. L’éducation nationale est maintenant un partenaire de la région dans le cadre de la démarche d’orientation régionale, un partenaire parmi d’autres, car, dans l’assemblée, étaient également présents les représentants du monde économique.

C’est une évolution majeure et la région a réclamé devant le ministre, par la voix de Monsieur Rousset, président de la région Nouvelle Aquitaine, un accès direct aux collèges (via les PP de 3ème) afin de promouvoir sa démarche d’orientation, il convient dans ce cas de ne pas contourner les Personnels de Direction pilotes de ces structures bien qu'il n'ai même pas été mentionnés !

Force est de constater que la région Nouvelle Aquitaine s’empare pleinement de chaque possibilité d’intervenir dans l’école quand l’état lui en laisse la possibilité.

On le voit, personne n’est épargné, aucun PERDIR ne peut dire cette année qu’il vit une année paisible ou même simplement normale.

Et quelle reconnaissance en tirons-nous ?

Celle des élèves, des familles, des personnels quand cela se passe bien et que nous parvenons à écoper le fragile navire de notre établissement au fur et à mesure qu’il prend l’eau. Mais il faut bien dire que cette reconnaissance peut aussi être fragile et se transformer rapidement en reproche, voire en dépôt de plainte !

De notre institution ? Au-delà des discours sur le « rôle essentiel des chefs d’établissement » nous avons des taux de promotions à la hors classe si faibles qu’ils mettent en colère les collègues qui patientent parfois depuis des années pour obtenir enfin une promotion alors même que ces derniers attendent de plus en plus longtemps pour passer d’adjoint à chef. L'accompagnement est indigent sur les opérations de mutations. Rappelons que notre ministère considère légitime que les Personnels de Direction si investis sur le terrain face partie d’un corps où seul 14 % des collègues sont à la hors classe alors que plus de 30 % des inspecteurs s’y trouvent. Quel message va-t-il continuer à nous envoyer ? Nous ne sommes pas assez investis ? Pas assez actifs ? Il est temps de nous envoyer des signaux clairs et nets sur la réalité de la reconnaissance proclamée. Une nette augmentation de nos ratios de promotion à la hors classe est indispensable. D’autres personnels d’Etat ont reçu des compensations rapides pour leur action. D’autres, les PERDIR, présents dans leurs établissements en pleine période de conseil de classe de 6 h à 21 ou 22 h durant un mois ont l’impression d’être invisibles. Les équipes enseignantes ne s’y trompent pas mais qu’y change notre institution ? Rien cela semble juste normal en pleine réforme du lycée dans des conditions acrobatiques ! Mais ça ne l’est pas…

Nos salaires ? Avec le gel du point d’indice depuis des années, les augmentations des prélèvements obligatoires, vérifiez vos fiches de paye, si vous n’avez pas changé d’échelon ni de catégorie depuis 4 ans, vous gagnez moins aujourd’hui qu’il y a 4 ans alors que dans le même temps le coût de la vie augmente de 1.5 % par an en moyenne. Nous avons tous dans nos établissements des enseignants qui, moyennant quelques heures supplémentaires, gagnent la même chose que nous, voire plus, pour des horaires sans commune mesure !

Les représentants de la région académique Nouvelle Aquitaine sont donc mandatés pour porter la demande forte de nos collègues afin d’obtenir dans les meilleurs délais le respect de nos droits :

-       Nous avons le droit à notre compte épargne temps pour compenser, partiellement au moins, tout ce temps que nous ne passons pas avec nos proches. Mais il faut également que les critères d’abondement de ce CET soient adaptés aux spécificités de nos missions.

-       Nous avons le droit à être rémunéré et promu à mesure de notre engagement. Nous demandons donc une augmentation de notre rémunération, peu importe la forme, mais une augmentation réelle et suffisante. Assez de médailles en chocolat ! Nous réclamons du concret et une augmentation importante du taux de promotion à la hors classe.

-       Nous avons le droit de demander à notre hiérarchie un accompagnement, un soutien, quand c’est nécessaire sans pour autant en être pénalisé dans notre avancé de carrière ou nos mutations.

-       Nous avons le devoir de faire en sorte que notre très belle profession demeure attractive et pour cela nous devons la défendre.

-       Nous avons le droit à une formation continue de qualité comme peuvent en bénéficier les cadres fonctionnels ou des autres ministères sur le management, l’actualité juridique comme la RGDP, l’actualité des réformes en cours, les comparaisons internationales, les dernières innovations pédagogiques, au niveau des pratiques, des outils, des espaces de travail. Nos niveaux de responsabilité, nos missions, nécessitent ces actualisations. Qu’on ne nous réponde pas que ces contenus existent sur magister ! Nous espérons que les nouvelles missions du remplaçant de l’ESEN nous permettront de bénéficier de ces apports délivrés par les meilleurs experts dans ces domaines.

Les collègues de Nouvelle Aquitaine vous l’aurez compris souhaitent des preuves concrètes de la reconnaissance exprimée par notre ministère. Ils attendent une GRH des personnels de direction dédiée, accompagnante et ambitieuse, capable de les outiller et de les soutenir réellement et efficacement.

Merci pour votre attention.

Conclusion de Philippe Vincent

Après avoir l’entendu l’expression des académies, soyez assurés que vos revendications sont parfaitement en accord avec nos demandes auprès du MEN.

Le SNPDEN-UNSA a obtenu l’ouverture d’un agenda social avec sur la table :

-       Rémunération des Perdir avec un travail sur l’IF2R (part fixe et part variable) pour obtenir une vraie revalorisation salariale.

-       Ratio des promotions : alignement sur les autres corps (de 25 à 30 % de promouvables)

-       Temps de travail : faire valider le droit à l’ouverture d’un CET pour tous les PERDIR qui le souhaitent et donc faire respecter le droit.

Le secrétariat national veut s’emparer avec force des mandats qui vont dans ce sens car dans cette période compliquée, nous devons obtenir la reconnaissance du MEN. Le Ministre semble à notre écoute, de réelles avancées sont possibles car jamais les circonstances n’ont été si favorables à l’avancée des négociations depuis des années.

Bonne conférence nationale.

Philipe Vincent.

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